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La transmission des connaissances, la promotion du patrimoine amérindien, peuvent couvrir de multiples aspects. Nous en développons quelques uns ci-contre. N'omettez pas de cliquer sur les suites disponibles, d'autres surprises vous attendent !

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Les premiers peuples

Les noms qui ont été donnés aux cultures autochtones de la Caraïbe, viennent de l’appellation de lieux où les archéologues ont découvert des vestiges de villages «précolombiens», c'est à dire de villages qui existaient avant l'arrivée des Européens aux Antilles, en 1492. L’emplacement d'un ancien campement ou village, s'appelle un gisement archéologique. On parle par exemple de Saladoïde pour les cultures dérivées du site de Saladero, au Venezuela. 

Une discussion dans les bois. D'après, Aleyde d'Orbigny, 1836
tirée du livre "Taïos, les Callinas des Antilles, Docteur Henry Petitjean Roget

Karib'Cultur a assemblé une bibliographie sur le sujet des autochtones de la Caraïbe, dont les entrées sont regroupée par catégories. Ci dessous vous trouverez des textes tirés de ces catégories relatant les éléments essentiels à retenir pour le grand public. Nous espérons que cette initiative nourrira la réflexion des passionnés de la culture autochtone caribéenne, servira aux étudiants et aux chercheurs et permettra de démocratiser la connaissance des autochtones de la Caraïbe, victimes d'un des  premiers génocides de l'histoire.  Ci-contre vous trouverez le lien de téléchargement de cette bibliographie autochtone. Cette bibliographie et les textes annexes sont le fruit du travail, en 2025-2026, du service civique Arsène GUIEU. 

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Archéologie et Vestiges 

Fouilles, sites, artefacts

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Histoire & Peuplement

Chronologies, migrations, contacts coloniaux

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Société & Croyances

Organisation sociale,

spiritualité, mythes

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Héritage & Continuité

Survivance, identité, travail social

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Sources & Témoignage

Récits historiques, sources primaires

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Environnement & Subsistance

Écologie, plantes, technique

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Art & Culture Matérielle

Art, céramique, techniques, collections

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Pédagogie & Médiation

Ouvrages éducatifs, expositions, vulgarisation

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Recherche & Institution

Bilans scientifiques, projets museaux

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Expérimentation & Méthodes

Archéologie expérimentale, nouvelles approches

Focus sur ...

L'INHALATEUR

Petit vase doté de deux tube pour consommer le jus de tabac par les narines. Utilisé par les Amérindiens lors de la cérémonie du "Cohoba"

Foire Aux Questions 

Ayant des sociétés orales, les autochtones nous ont laissé des traces par leur production, notamment céramique, qui est exhumée par les archéologues à partir des années 1930. Certains de leurs récits oraux ainsi que leur mode de vie nous sont parvenus par leur transcription par les premiers colons, notamment des moines (comme l’espagnol Ramon Pané), et par les communautés ayant survécues jusqu’à aujourd’hui.

Les caraïbes étaient densément peuplées au moment de l’arrivée des européens. Pour Hispaniola (actuels Haïti-République Dominicaine), les chiffres avancés vont de quelques centaines de milliers à plusieurs millions, probablement plus proche du million. Pour Cuba, la Jamaïque et Porto Rico, on parle également vraisemblablement de plusieurs centaines de milliers d’habitants.

En l’absence d’animaux de traits (pas de bœufs, chevaux ou ânes, à part les chiens), les déplacements se font par la force musculaire propre. Les autochtones peuvent marcher plusieurs heures pour aller cultiver leurs potagers dans les montagnes. Ils ont également de grandes pirogues monoxyles (faites d’un seul tronc) propulsées par des pagaies. Grâce à cela ils naviguaient librement entre les îles des Caraïbes et le continent.

Les villages autochtones comportaient de quelques centaines à quelques milliers d’habitants, et étaient organisé autour d’une grande place centrale. Autour, il y avait un grand carbet qui rassemblait la communauté pendant la journée, et de petits ajoupas qui l’accueillait pendant la nuit.

En plus de denrées alimentaires, les autochtones produisaient des poteries ornementées d’une grande finesse, et d’autres outils en bois, pierre et coquillages. Ils produisaient également de grandes pirogues, et de nombreux ornements corporels en or (en provenance du Venezuela), en pierre semi précieuse ou en coquillage qui servaient de monnaie d’échange.

« Arawak » est un nom générique désuet utilisé pour désigner tous les autochtones de la Caraïbe, tandis que « Caraïbe » désignait dans le passé les autochtones des petites Antilles. Aujourd’hui on préfère les termes plus précis de « Taino » pour les grandes Antilles et de « Kalinago » pour les petites Antilles. Ces appellations sont également vouées à évoluer avec l’avancement de la recherche.

On peut affirmer que les autochtones de la Caraïbe insulaire avaient des croyances sacrées, sous la forme de « zémis » ou esprits sensé habiter des objets façonnés pour cet usage, dont les pierres à trois pointes. Dans la cosmologie Kalinago, Chemin et Mabouya furent interprétés par les européens comme Dieu et le Diable. La création du monde serait le fait d’un poisson, premier être créé par Dieu.

Cela est fortement probable, mais il est pour le coup certain que cet aspect des sociétés autochtones de la Caraïbe insulaire a été exagéré plus ou moins consciemment par les européens. Le cannibalisme (et les pratiques homosexuelles selon d’autres auteurs) sont utilisé comme un prétexte pour avoir l’autorisation de mettre en esclavage des populations pour les conquistadores espagnols. Le nom Caraïbe est également décliné comme Cannibale.

Il existait une forme de guerre, centrée surtout autour de raids, chez les Tainos et les Kalinagos. Chez les Tainos, les chefs levaient de véritables armées, de 5 à 15 mille hommes, dans de véritables guerres d’expansion. On a retrouvé au site haïtien d’En Bas Saline des monticules et des levées de terre à but défensif, témoignant d’une conscience de la possibilité d’un conflit.

Les pirates français, néerlandais et anglais étaient souvent alliés de circonstance avec les kalinagos contre les espagnols. Cela n’a pas empêché que les premiers colons des petites Antilles soient des pirates, comme Pierre Belain d’Esnambouc, et qu’ils finissent par massacrer les Kalinagos.

Oui pour les Kalinago, à la Dominique dans le territoire Kalinago (3000 habitants) et en Amérique Centrale avec les garifunas (caraïbes noirs déportés par les anglais, 200 000 habitants). Les Taïnos en revanche n’ont pas engendré de groupe reconnu de manière consensuelle comme « Taïno » aujourd’hui (bien qu’à Porto Rico et San Domingo il y ait un mouvement « Néo-Taïno » se revendiquant de l’héritage Taïno).

Les épidémies en provenance du vieux monde ont joué le rôle principal, car les autochtones ne possédaient pas de défense immunitaire adaptée. L’attitude génocidaire des espagnols, qui les soumettent à des massacres et au travail forcé, a également joué un grand rôle. La population autochtone est réduite en quelques décennies de 90 %.

Dans leur migration depuis le delta de l’Orénoque (au Venezuela), les potiers-cultivateurs amérindiens amenèrent de nombreuses plantes vivrières avec eux. C’est notamment le cas du manioc amer, un arbuste à tubercule comestible (mais néanmoins au jus toxique, qu’il faut extraire après râpage grâce à une « couleuvre ») qui forme la base de leur alimentation. Pratiquant aussi la chasse et la pêche, ils mangent une grande variété d’animaux.

Il y a deux vagues de migration bien établies. La première est composée de chasseurs cueilleurs en provenance de l’actuel Mexique vers -4000. La seconde est composée de cultivateurs potiers en provenance de l’actuel Venezuela vers -1000. La culture Taïno, majoritaire au moment du contact, est une évolution locale de la seconde migration vers 0.

Les femmes s’occupaient de l’agriculture et de la poterie, tandis que les hommes effectuaient les travaux lourds ainsi que la chasse. Les chefs étaient en charge de la guerre et de la diplomatie, tandis que les chamans étaient en charge du bien être physique et spirituel de la communauté ainsi que de la communication avec les ancêtres.

Les Tainos parlaient probablement une langue de la famille Arawak, en provenance de l’actuel Venezuela, mais elle a laissée peu de traces. Les Kalinagos des petites Antilles parlaient un pidgin Arawak-Galibi qui a été consigné dans un dictionnaire par le père Raymond Breton au 17ème siècle.

Le batey (jeu avec une balle en caoutchouc manipulée uniquement avec les articulations(ni main, pied ou tête) : hanche, coude, genou) était joué à des fins de loisir et rituelles chez les Taïnos et les Kalinagos.L’areyto était une fête réunissant tout le village, pratiqué pour les occasions spéciales, et impliquait une consommation souvent excessive de bière de manioc, ainsi que le relâchement des mœurs sociales, notamment la hiérarchie vieux/jeune.

L’environnement des amérindiens était extrêmement riche, notamment en vie marine. Les forêts étaient dans un état de conservation exceptionnel pour l’époque. Il ne faut néanmoins pas fantasmer ces espaces comme « vierges », car les autochtones y ont bien installé leur empreinte (surchasse du crabe et de l’iguane, disparition des paresseux géants…).

Pour communiquer avec le monde des morts et des esprits (ou zémis), les chamans prisaient une substance, la cohoba, riche en DMT, un hallucinogène extrêmement puissant. Le tabac était également largement fumé ou prisé par les amérindiens, tandis que des boissons faiblement alcoolisées (bière de manioc) étaient consommées lors de festivités.

Les européens ont pris le contrôle des sociétés autochtones à la fois par l’alliance (parfois par le mariage) avec certains chefs et la répression brutale de ceux qui leurs résistaient. Ils mirent en place un système de travaux forcés, le « repartimiento », pour extraire l’or des cours d’eau et contrôler la population, forcèrent l’évangélisation et la perte de la culture autochtone.

Les Kalinagos ne pratiquaient pas l’esclavage commercial, bien qu’il leur soit arrivé de remettre des esclaves en fuite à leur propriétaire. Dans de nombreux cas néanmoins les marrons étaient accueillis dans le village sans préjudice particulier, si bien que le métissage de ces populations donnera naissance aux « Caraïbes Noirs » ou "Blacks Caribs", notamment à Saint Vincent.

Diverses initiatives institutionnelles, notamment des musées, se sont données la mission de conserver le patrimoine autochtone intact. Mais cela ne suffit pas. Ainsi des initiatives associatives peuvent continuer à sensibiliser le public, comme passeuses de mémoire. La parole des peuples autochtones est également précieuse, dans les Antilles et au-delà.

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